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DES COTES DU RHONE AUX COTEAUX DU LUBERON......

PAR LA COTE DU VENTOUX

 

du 2 au 8 Août 1997


 

Les marques GR®, GRP®, les signes de balisage correspondants (blanc/rouge et jaune/rouge), 

et PR® sont des marques déposées par la Fédération Française de la randonnée pédestre.

 Autorisation de reproduction 2008.   

 

Samedi 2 Août

départ de : PONT ST ESPRIT à RASTEAU

Dimanche 3 Août

MALAUCENE

Lundi 4 Août

STATION DU MONT SEREIN

Mardi 5 Août

SAULT

Mercredi 6 Août

Gîte de CHALOUX

Jeudi 7 Août

CERESTE

Vendredi 8 août

MANOSQUE

 

 


Lever de soleil au sommet du Ventoux

 


  • Cette randonnée se déroule sur une partie du G.R® 4. Elle est décrite dans le topo guide de la FFRP :
    "De GRASSE à PONT ST ESPRIT" par les gorges du Verdon.

  • J'avais déjà fait toute la partie amont du Verdon, depuis les sources, jusqu'à MANOSQUE.
    Cette année j'ai voulu voir plus en aval, en prenant le GR® en sens inverse de sa description.

     

  • C'est une région très variée : des coteaux, des vignobles, des bois, le sommet du Ventoux, et des champs de lavandes.
    il y a peu de monde sur le sentier, et pratiquement aucun randonneur! Il est vrai que l'été, il fait très chaud ici, et le manque d'eau pose de gros problèmes. Ce n'est pas un secteur très prisé.

    D'autre part, il y a beaucoup de marche sur des routes goudronnées, peu fréquentées, certes, mais Aïe, Aïe, Aïe, les pieds!!!......

     


     

    Samedi 2 Août :

    de PONT ST ESPRIT à RASTEAU

    Il est 6 heures du matin, le jour se lève à peine. Le ciel est clair. Le gros village de PONT ST ESPRIT, s'éveille. Déjà des commerçants déploient leurs étalages dans la grande rue principale, et déballent leur marchandise, des camionnettes. C'est jour de marché!

    Après avoir traversé le Rhône, sur le pont du 13e siècle, on se retrouve au milieu d'un carrefour, de l'autre côté, et dans un enchevêtrement de routes en tous sens, je repére les marques du GR® 4.

    Par ici, c'est plus calme : la route est bitumée, mais pas de circulation. On passe au milieu des vergers.

    C'est rempli de pommiers, et les goldens sont très tentantes.

    Plus loin, le canal de Donzère : il faut le traverser, et passer au dessus de l'autoroute A 7, puis sous la R.N 7, et enfin sous la voie de chemin de fer, pour arriver à MONDRAGON, petite ville défigurée par tous ces axes de communication. Dans un bistrot où des clients sont déjà au gros rouge, je préfère le thé, tartines beurrées.

     

    Le sentier suit une montée régulière, le plus souvent sur des routes goudronnées, en sous bois, sur des chemins de terre. J'ai quitté les grands vergers des bords du Rhône, pour sillonner par les petits bois et à travers prés. Après LAGARDE PAREOL, petit village, la chaleur se fait sentir. Ma gourde est vide. Je traverse des vignobles : les pieds de vigne sont entourés de cailloux. 

     

    Peu après, Ste CECILE LES VIGNES, aux crus renommés!

    D'ailleurs le GR® 4 longe le Domaine de la Présidente. Vaste bâtisse, et ses vignes à perte de vue. Il fait de plus en plus chaud, et aucun point d'ombre. Je suis seul à me balader à cette heure, et en un tel endroit!

    Au loin, sur une colline ; le village de CAIRANNE. Je continue encore, et toujours entre forêt, et vignes ; enfin j'arrive à RASTEAU, terme de cette journée. C'est un village au demeurant charmant et bien calme.

    Un seul bistrot, sur une grande place déserte où un verre de Perrier est bienvenu.

    J'aurais bien mangé une omelette ou autre chose, mais le patron n'a pas envie de faire la cuisine, et en plus il n'a pas le temps! Je me dirige vers le gîte à 1 km ! ou j'ai réservé.

     

    Surprise, en arrivant ; point de randonneurs, çà je m'en doutais, mais les lieux sont investis par une colonie d'handicapés mentaux! 

    On me prie gentiment de rester dans mon coin, car je risque de les perturber!

    C'est la meilleure ! 

    J'arrive quand même à prendre une douche après avoir déballé mon sac à dos dans un coin, et soigner mes ampoules aux talons.

     

    La gérante me mène en 2CV au village, faire les courses, car contrairement à ce qui avait été dit : on ne sert pas de repas ici. Le cuisinier est en vacances! et les pensionnaires font la cuisine avec leurs animateurs.

    Donc, retour au village. Le seul épicier du coin me vend un paquet de pâtes, du pain, du beurre, une bouteille de côte du Rhône, un bout de fromage pour 49,50 Frs !

    « D'où venez vous? » me demande-t-il

    « De Pont St Esprit à pieds, j'ai mis dix heures! »

    « Moi je vais plus vite : .... en voiture! »

    Ah! Ah! très drôle. Réponse de beauf par excellence!

    Je retourne au gîte et on me place dans une sorte de studio, à l'écart des autres.

    C'est d'ailleurs mieux pour moi. Par contre je suis obligé de faire cuire mes pâtes dans la cuisine commune.

    C'est le bazar. Je paye quand même 60,00 frs la nuitée.!
    Pour un gîte recommandé par la FFRP, c'est fort!

    Heureusement, je m'endors sans difficulté.

     

     


    Dimanche 3 Août : 

    de RASTEAU à MALAUCENE

    Debout vers 5 heures, et après les traditionnels soins aux pieds, je quitte le gîte, et RASTEAU à 6 heures. Profitant de la fraîcheur matinale, j'espère ainsi arriver à MALAUCENE en début d'après midi, sans subir totalement les fortes chaleurs.

    Petite route goudronnée encore, pour passer à ROAIX. Il y a des vignes tout le long. On est dans un grand cru des côtes du Rhône.

    Je traverse l'Ouvèze, rivière apparemment sans importance, mais qui a causé d'énormes dégâts en 92 de VAISON LA ROMAINE jusqu'ici.

     

    Encore la route, un peu plus fréquentée cette fois, et enfin une bifurcation monte par un sentier en sous bois, et ainsi j'arrive à SEGURET, village typique vauclusien en pierres, et dont les crus sont célèbres.

    Je tourne en rond un bon moment, dedans et autour du village, avant de trouver l'issue de sortie par le GR® 4. Le chemin continue de longer des petits bois de chênes verts, pas très hauts ; on est toujours au soleil.

    D'après la carte on pense traverser une forêt, mais en réalité les bois sont trop jeunes pour pouvoir nous abriter.

     

    La gourde est vide. Il n'y a de l'eau nulle part, et la soif se fait sentir.

    Plus loin, une grande bâtisse, dénommée « ferme de la chaîne » sur le topo guide ; le chien n'est guère sympa! Petite descente et arivée à MALAUCENE. Visite de ce haut lieu du Comtat Venaissin, où le pape Clément V, a fait ériger l'église paroissiale au 14e siècle. A voir aussi la grande tour construite sur les ruines du château, et le panorama qui se dégage.

    Le choix du resto est une très bonne idée, super entrecôte aux morilles, arrosée avec un petit côte du Ventoux!!!.....et je ne tarde plus à me coucher.

    Apparemment , le mal aux pieds se fait oublier.

     

     


     

    Lundi 4 Août 

    de MALAUCENE à la Station du Mont Serein

    Je quitte MALAUCENE, village assez important, où j'aurais aimé rester plus longtemps.

    Petite remontée par la route goudronnée et halte à la Source du Groseau : jaillissant des rochers en trois points différents. L'eau avait été amenée depuis Vaison par les romains. C'est un endroit très ombragé, et rafraîchissant, à l'abri de grandes parois rocheuses.

    Je rencontre un type avec son chien, qui me dit : « C'est bien de marcher, mais moi je préférerai le faire avec des roulettes sous un chariot ».

     

    C'est pas évident de retrouver le sentier. La montée en sous bois est très agréable.

    Cela ne dure pas! Après le passage devant une chapelle, dédiée à Ste Sidonie, on est complètement à découvert. La descente, pour arriver au hameau des Alazards, semble bien inhabité.

    A partir d'ici, une petite route goudronnée, (encore) mais aucune voiture.

    Je passe entre des vergers ; des arbres fruitiers à perte de vue, cerisiers, et abricotiers. Dommage, ce n'est plus la saison!

    Le soleil chauffe, aucun abri.

    Ma gourde est encore vide!

    La route se termine en cul de sac, et un sentier grimpe à travers la pente. Toujours point d'ombre!
    Je rencontre deux promeneurs qui descendent : ils ont trop chaud!

    Enfin j'arrive au col du Comte à 1004 mètres d'altitude.

    Juste derrière, le sentier remonte mais maintenant je traverse une grande forêt. 

    Ouf! Çà va mieux!

    Passage par quelques chemins servant de pistes de ski de fond, et arrivé près de la cabane du Contrat et d'un parking.

    Chalet du Mont Serein et le Ventoux

    A nouveau la route, droite, longue. Menant à la station du Mont Serein.

    Je rate l'entrée du gîte se trouvant en contrebas, et me retrouve 500 m plus haut, à l'autre bout de la station!

    Demi tour, et enfin, me voila arrivé.

    Le chalet est une énorme bâtisse, très confortable, et le repas du soir très copieux.

    Il y a des moutons sur la pente du Ventoux en face, et 2 ou trois remontées mécaniques. Ici nous sommes sur le versant nord, et c'est la station des avignonnais et des orangeois.

    Les dégâts aux pieds sont importants, et les ampoules éclatées. "Bétadine, double peau, elastoplat and C° !...

 

 


 

 

Mardi 5 Août du Mont Serein à SAULT

 

 

Tout Vent au Ventoux...

 

 

Je prends le petit déjeuner dans la chambre, préparé hier soir par la patronne, et après les soins aux pieds, je quitte le gîte, et remonte tout droit dans une piste de ski, plutôt en éboulis.

 

Tout le sommet du Ventoux est de cailloux blanchâtre ; de loin on croirait de la neige! Un petit vent frais m'accompagne ; la montée est lente et rude, mais le mal aux pieds ne se fait pas sentir dans les côtes. Je me retrouve sur la crête.

Au bas, les chalets disséminés de la station. Il faut longer une énorme bulle : « un silo », et remonter vers le sommet du Ventoux.

Passé la chapelle Ste Croix, un vent violent me repousse : il n'y a plus aucun abri, tout est à découvert. Le soleil filtre au travers d'une brume épaisse. L'horizon est bouché, c'est dommage : mais plus bas je distingue au loin le Rhône.

 

Il y a une caravane de hollandais. Ils ont dû passer la nuit ici. Le vent est de plus en plus froid et violent en abordant la descente de l'autre côté. Il faut suivre la route, passer le col des tempêtes, et bifurquer le long d'un terrain militaire grillagé.

 

Maintenant le chemin est plein de cailloux ; c'est très bon pour les doigts de pieds esquintés!.... 

 

Tiens encore un petit téléski descend vers le village du Chalet Reynard. La pente continue, les cailloux aussi, le grillage, et encore un autre terrain militaire un autre silo!

Plus bas le vent se calme, évidemment j'entre dans un sous bois. Toujours la descente. Mes doigts de pieds font de plus en plus mal. A un carrefour, une route et des cyclistes grimpent au Ventoux. Le sentier devient plus large, et agréable. J'arrive même à me tromper de chemin.

 

Retour en arrière! On continue! Je traverse des prairies plutôt asséchées, et une forêt de chênes.

A un moment, je vois le village de Verdolier ; la pente est de plus en plus raide pour y accéder. Enfin çà y est : maintenant c'est un peu plus plat. Un bout de chemin en sous bois, et me voila face à des champs de lavande!..... le décor change : jusqu'à présent j'étais dans les vignes et les vergers.

 

Malgré que la cueillette soit déjà faite dans la plupart des champs, il y a une beauté et une harmonie de couleurs et de formes.

 

J'arrive à SAULT, capitale de la lavande et gros bourg vauclusien, bien plus tôt que prévu. Le village est perché à flanc de colline et on le voit de loin. Quand on est sur la grande place appelée « La Promenade » avec son grand balcon, la vue est très dégagée, jusqu'au sommet du Ventoux.

Il y a deux petits musées avec des expositions de peinture, plus un autre salon dans la mairie. 

Ca a l'air très actif, côté culturel.

J'apprends qu'il y a même un hippodrome, et de fréquentes courses! L'après midi je me repose : çà fait du bien aux pieds, et le soir je ne tarde pas à me coucher, car malgré tout, passé vingt et une heures, c'est le grand calme.

 


 

 

Mercredi 6 Août de SAULT au Gîte de Chaloux

Finalement, ce n'était pas la peine de partir si tôt ce matin! A peine descendu au bas du village, et passé le pont sur le ruisseau la Nesque, je suis obligé de m'arrêter. J'ai trop mal aux pieds, et suis incapable de faire une longue étape!

 

Je remonte à SAULT, et attends qu'un bistrot ouvre pour prendre un petit déj. J'enlève mes chaussures de marche qui sont la cause de mes maux, pour enfiler mes jogging dans lesquels je suis plus à l'aise.

A regret, je contacte un taxi pour m'éviter le plus gros du chemin à pieds.

Vers les 9 heures, le patron du Tabac PMU, qui fait aussi taxi, me conduit à SIMIANE LA ROTONDE. Je trouve vraiment dommage de passer en voiture par ces collines, à proximité du plateau d'Albion, au lieu de randonner dans les champs de lavande.

Impossible de faire autrement!

Cela me permet de passer un bon moment à SIMIANE LA ROTONDE, sur une colline, à l'horizon dégagé. C'est un village fréquenté par des artistes. Il ne règne pas une activité aussi intense qu'à SAULT, les dimensions en sont plus réduites ; on trouve un artisan miniaturiste confectionnant des mas, et des tours avec des petits cailloux de la région, et un artiste peintre dans la rue montante principale.

SIMIANE est surtout connue pour sa rotonde, et sa chapelle du 12e siècle.

Simiane la Rotonde

Vers 11 heures, je me décide à repartir ; le chemin est assez plat sans grande dénivellation. Le G.R® passe dans les gorges de Vaumale complètement asséchées.

Par endroit, des rochers sont polis et témoignent d'une autre époque où l'eau coulait en permanence. 

 

A l'heure actuelle, seulement un petit filet d'eau dégouline au plus fort de l'hiver!

En moins d'une heure et demie, j'arrive à l'ancienne ferme de Chaloux, transformée en gîte d'étape.

C'est le grand calme! Rien autour, seulement des champs, et des buissons.

Je suis seul randonneur ici, et le premier que les patrons voient passer cette année!....

C'est dire le mouvement qu'il y a !...

Cette journée m'aura permis de me reposer et soigner mes ampoules.

J'ai une immense chambre et une salle de bains tout aussi grande pour moi!

Le soir nous dînons sur la petite terrasse, à la fin du repas l'orage gronde et quelques gouttes tombent, sans vraiment nous mouiller.

 


 

Jeudi 7 Août du Gîte de Chaloux à CERESTE

Après le petit déjeuner, je quitte le gîte par le sentier ombragé. Le ciel est parfaitement bleu et le soleil est déjà présent.

 village d'Oppedette

Les pieds dans les joggings, je suis à l'aise et ne ressens aucune douleur particulière. Ca devient critique surtout lorsqu'il y a des descentes.

 

J'arrive sur une route, et remonte en deux lacets sur le petit village d'OPPEDETTE. Charmant endroit, très sympathique. J'y reviendrai sûrement plus longuement. Là aussi les gorges sont réputées, mais pratiquement sèches : par endroit des trous ou des vasques contiennent de l'eau de pluie.

 

Je profite d'une grande poubelle municipale, pour déposer à côté, mes chaussures de rando. Peut-être serviront elles à quelqu'un? Je préfère continuer en jogging. La suite est en grande partie sur la route!.

Je passe à LA CROIX A LAUZE, village tranquille. Ensuite un chemin mène à l'entrée du parc du Luberon, et à CERESTE, gros bourg des Alpes de haute provence. La route nationale traverse le centre, et le passage des camions crée une nuisance dont se plaignent les habitants.

 

 

Je fais une pause dans une brasserie pour y déguster des pâtes au pistou, quelque chose de super!..... Puis direction l'hôtel d'Aiguebelle où j'avais réservé.

 


 

Vendredi 8 Août de CERESTE à MANOSQUE

 

Dernière étape. Il fait très beau ; le ciel est clair en quittant CERESTE à 6 h et demie du matin.

Petite montée à travers bois, et on longe la crête avec à droite une vue magnifique sur la petite vallée, et les collines du Luberon tout proche.

 

Une légère brume de chaleur plane en bas et la lumière rasante du soleil donne une coloration particulière aux petits carrés et rectangles de prairies et de champs.

Après le passage à MONTJUSTIN, petit village sur la crête, spécialisé dans le fromage de chèvre, le sentier continue de façon très agréable : je n'ai plus mal aux pieds. Le paysage fait oublier tous les maux!

 

Moulin de Montfuron

MONTFURON, village sur une colline, et son moulin. C'est le premier que je vois, et il est encore visible de loin.

 

Il faut continuer par des bois et des prés. Par endroit je retrouve des vignes, mais différentes de celles traversées en début de semaine. Ici les ceps sont plus hauts et il n'y a pas de cailloux aux pieds.

 

 

Je passe dans le village de PIERREVERT, région vinicole, et après une descente par la route, une remontée à travers bois en suivant un sentier balisé aux couleurs du G.R®, j'arrive à la chapelle St Pancrace sur la colline de « Toutes Aures ».

 

De là, MANOSQUE se dégage.

Il suffit de suivre le chemin, puis la route pour arriver dans le centre ville.

 


 

MANOSQUE, terme de cette rando!

Ville haute provençale avec son accent et son parfum.

Ville multicolore. L'esprit de GIONO est à chaque coin de rue.

 

 Porte Saunerie

 

Petite balade l'après midi sur le « Mont D'or », colline d'oliviers, de genêts, et sa tour d'où l'on domine MANOSQUE, le Lubéron, et de l'autre côté : le Verdon.


 

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